Colloque "Je suis île" / "I Am Turtle"*


Le 5, 6 et 7 octobre 2017

Quelle(s) place(s) pour les représentations artistiques, culturelles et identitaires autochtones dans l’espace urbain ?


Le colloque


Dans le cadre de la programmation des festivités entourant le 375e anniversaire de Montréal, les nombreuses histoires des lieux et la pluralité des voix occupant l’espace de la métropole sont mises à l’avant-plan. Si la présence autochtone est importante et grandissante à Montréal, l’histoire des premiers peuples demeure pourtant marginalisée. Cette sous-représentation des communautés autochtones semble caractériser une réalité urbaine plus large, nord-américaine. Face à ce contexte, pour les artistes et les chercheurs, en arts et lettres notamment, la question suivante se pose : quelle est la place des représentations artistiques autochtones en milieux urbains ? De nombreux acteurs sociaux et artistiques autochtones se consacrent actuellement à la transmission et à la création de discours identitaires et culturels au sein d’espaces plurivoques, que ce soit à travers des projets artistiques ou des initiatives socio-politiques (Idle no More).

Par le biais de diverses formes d'expression (artistiques, littéraires, cinématographiques), la réalité actuelle des peuples autochtones est mise de l’avant en relation aux pratiques et expressions traditionnelles qui se renouvellent. Alors que de telles initiatives témoignent d’un désir de (ré)appropriation des lieux, d’éléments du paysage et du patrimoine urbain, est-il pertinent de traiter de dé-territorialisation ou de re-territorialisation pour ces « urban natives » qui naviguent entre réserves et villes ? L’idée même de la ville ou de la métropole culturelle est-elle une autre manière de circonscrire et d’organiser le territoire (matériel ou imaginaire) aux dépens de communautés minorisées ?

Rappelons d’ailleurs, à ce titre, que par sa position géographique, entre mont et eaux, Montréal a anciennement joué le rôle de lieu carrefour offrant un potentiel d’échanges, de transformations et d’intégration. Si l’art ouvre sur un possible, l’espace doit en devenir la plate-forme. Les évènements du 375e anniversaire de la ville de Montréal serviront non pas de balises, mais de tremplin à la réflexion poursuivie dans ce colloque afin d’établir un dialogue se projetant à l’extérieur de la métropole montréalaise et permettant de rejoindre et de réfléchir à différents contextes urbains.

Dans une visée de décolonisation des relations entre Autochtones et Allochtones, nous proposons, par le biais de ce colloque, un espace multiforme d’échanges critiques afin d’étudier ces dynamiques d’absences, de (ré)inscriptions et de (ré)appropriations actives des espaces urbains, institutionnels et immatériels. Nous sommes particulièrement intéressé.e.s à des communications qui proposent des solutions théoriques et pratiques quant à l’essor des cultures et des langues autochtones en milieux urbains. Dans une perspective d’avenir, quels sont les projets artistiques actuels ou à imaginer permettant de décoloniser nos espaces urbains et de réfléchir à leur devenir ? Contre l’Histoire, ce sont les micro-histoires (Ginzburg), les récits individuels et collectifs qui peuvent prendre diverses formes (théoriques, artistiques, littéraires, cinématographiques, politiques, urbanistiques, etc.) auxquelles ce colloque veut (re)donner place.



Axes de réflexion envisagés

Cette liste est non exhaustive.


Survivance des langues autochtones en contextes urbains

Créer en ville/créer de la réserve

(Ré)appropriations et représentations des espaces d’appartenance dans les arts et les littératures autochtones

Patrimoines historique et visuel en milieux urbains

Récits d’itinérance

Alternative art spaces

Tourisme culturel, festivals et activités de rayonnement des voix autochtones dans l’espace urbain

Art public

Comité d'organisation

Face à certaines dynamiques de sous-représentation des réalités autochtones en centres urbains, nous souhaitons, par le biais de cet événement, mettre de l’avant diverses initiatives de résurgence de discours culturels, artistiques et identitaires autochtones.

Marie-Eve Bradette

Étudiante au doctorat, Littérature comparée, Université de Montréal
Julie Graff

Julie Graff

Étudiante au doctorat, Histoire de l’art, Université de Montréal
Gabrielle Marcoux

Gabrielle Marcoux

Étudiante au doctorat, Histoire de l’art, Université de Montréal
Alexia Pinto Ferretti

Alexia Pinto Ferretti

Étudiante au doctorat, Histoire de l’art, Université de Montréal
Louise Vigneault

Louise Vigneault

Professeure, Histoire de l’art, Université de Montréal